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THÈMES DE RECHERCHE ACTUELS


L'esclavage
Les prestations matrimoniales
Les pratiques funéraires
Don et échange
Typologie des sociétés


L'esclavage
 
Plusieurs études récentes sont venues montrer toute l'importance de l'esclavage, en particulier chez ceux que l'on considérait autrefois comme des "bons sauvages". En réalité l'esclavage apparaît comme une des choses les plus répandues dans le monde, y compris dans les sociétés précoloniales, en Amérique indienne, en Afrique ou en Asie du Sud-Est.
Contrairement à ce que l'on a longtemps pensé, ce n'est pas seulement la violence, la guerre, les razzias, le rapt, qui est à l'origine de la réduction en esclavage. Maintes sociétés réputées "égalitaires", "simples" ou "indifférenciées" ont pratiqué l'esclavage pour dettes. Elles ont admis qu'un pauvre, pour seule raison de pauvreté, pour dettes insolvables, puisse être réduit en esclavage.
Les esclaves ne servent pas seulement pour leur travail. Ils jouent aussi le rôle de gardes du corps, forment de petites milices privées au service des maîtres : ils constituent des auxiliaires privilégiés du pouvoir.
On peut même voir dans cette institution, en particulier l'esclavage pour dettes, un terrain favorable à l'émergence de l'Etat.
Une base de données sur l'esclavage précolonial a été réalisée pour environ quatre cents sociétés. Cette base de données est désormais consultable en ligne sur cartomares.
Principale publication :

L'esclavage
Les prestations matrimoniales
Les pratiques funéraires
Don et échange
Typologie des sociétés


Les prestations matrimoniales
 
Dans toute l'anthropologie classique, le mariage a été étudié du point de vue des interdits de mariage. Mais le mariage possède aussi une dimension économique, que l'on peut appeler "l'argent du mariage". Dans l'Europe d'hier, c'était la dot, source de préoccupation grave pour les familles et les filles non mariées. Dans de nombreuses régions du monde, c'est ce que l'on a diversement appelé la compensation matrimoniale ou le prix de la fiancée. Cette coutume fait que le futur mari doit fournir au beau-père des biens, souvent de valeur considérable, pour obtenir la main de sa fille.
L'importance de ces considérations vient de ce que dans de nombreuses sociétés traditionnelles, ces transferts de biens pour des raisons matrimoniales représentent la plus grosse part de tous les transferts effectués dans ces sociétés. Les monnaies dites primitives, telles les monnaies de coquillage d'Océanie, servent avant tout aux paiements de mariage.
Envisager sérieusement les prestations matrimoniales, c'est donc repenser l'ensemble de l'économie de ces sociétés. C'est aussi comprendre que ceux qui sont trop pauvres pour trouver l'argent du mariage risquent de tomber dans la dépendance des riches et des puissants.
Une base de données sur les prestations matrimoniales dans les sociétés traditionnelles a été réalisée pour environ quatre cents sociétés.
Cette base de données est désormais consultable en ligne sur cartomares
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Principales publications :
  • Testart, A., Govoroff, N. & V. Lécrivain, V., 2002, Les prestations matrimoniales. L'Homme 161 : 165-196.
  • Testart, A., V. Lécrivain V. & Govoroff, N., 2002, Le prix de la fiancée : Richesse et dépendance dans les sociétés traditionnelles. La Recherche 354 : 34-40.
  
L'esclavage
Les prestations matrimoniales
Les pratiques funéraires
Don et échange
Typologie des sociétés


Les pratiques funéraires
 
Les pratiques funéraires peuvent être étudiées de deux points de vue, du point de vue des rites, et du point de vue des biens matériels enterrés ou brûlés avec le défunt. Ce deuxième point de vue se trouve être particulièrement important parce que ce sont ces biens matériels que les archéologues retrouvent dans les fouilles. Nous savons par ailleurs par l'ethnographie que chez de nombreux peuples, une grande partie des possessions du défunt étaient censées être détruites lors des funérailles. Il apparaît que les motivations de ces étranges pratiques ne sont pas religieuses : il s'agit seulement d'assurer le prestige du défunt et de sa famille. Une autre façon d'assurer ce prestige est, non pas de détruire les biens par inhumation ou crémation, mais de les distribuer au cours de fêtes somptuaires. Ces dépenses visent toujours à assurer la position sociale des héritiers. Et on voit qu'on peut recourir à plusieurs moyens pour le faire, ce que l'on peut appeler des politiques funéraires. On voit aussi que chacune de ces politiques laissera des vestiges archéologiques très différents.
Ce thème de recherche vise à promouvoir une réflexion commune des archéologues et des ethnologues sur les formes et les raisons des pratiques funéraires, aux fins de proposer de nouvelles pistes de recherche en archéologie funéraire. Il est en cours.
Principales publications :
  • Testart, A. 2001 Deux politiques funéraires. Trabalhos de Antropologia e Etnologia 41 (3-4) : 45-66.
  • Testart, A. 2004 La servitude volontaire (2 vols.) :
    I, Les morts d’accompagnement
    II, L’origine de l’Etat
    Paris : Errance, 264 p. et 140 p..
La table ronde « Morts anormaux, sépultures bizarres, questions d’interprétation en archéologie funéraire » organisée les 16, 17 et 18 mars 2005 dans le cadre du Laboratoire d’Anthropologie Sociale ayant rencontré un accueil favorable dans le milieu, nous envisageons d’ores et déjà une suite pour l’année prochaine, en mars ou avril 2006, au musée archéologique de Sens. Deux thèmes sont prévus :
  1. suite de la réflexion sur les sépultures doubles (1 journée).
  2. la question des « sépultures » dans les silos (2 journées).
Rappelons que ces journées VISENT A PROMOUVOIR UN DÉBAT SUR LES INTERPRÉTATIONS POSSIBLES DES SÉPULTURES QUI PARAISSENT ATYPIQUES. Elles comportent des introductions problématiques, la présentation d'hypothèses nouvelles, le rappel d'explications anciennes et des exposés sur des cas critiques (connus ou nouveaux) difficiles d'interprétation et/ou susceptibles d'interprétations contradictoires : LA PLUS GRANDE PARTIE DU TEMPS EST RÉSERVÉE A LA DISCUSSION.
Ces journées sont organisées par Luc Baray, Luc Bachelot, Bruno Boulestin et Alain Testart.
 
L'esclavage
Les prestations matrimoniales
Les pratiques funéraires
Don et échange
Typologie des sociétés


Don et échange
 
Depuis Mauss, l'anthropologie a largement confondu don et échange. En particulier, il n'y a pas d'"obligation de rendre" associée au don ; la notion d'obligation n'est pas problématisée chez Mauss, ni chez les auteurs subséquents. La différence entre don et échange, ainsi qu'avec un troisième type de transfert (dont l'exemple le plus simple est l'impôt), a été explorée systématiquement dans plusieurs articles. Pour le dire simplement, la différence entre échange et don ne vient pas de l'existence ou de la non-existence de la contrepartie, ni de ce qu'elle soit ou non attendue, encore moins de ce que les acteurs sont ou non intéressés, elle réside dans le fait que la contrepartie d'un don ne peut légitimement pas être exigée. Vous ne pouvez prétendre avoir fait un don et exiger quoi que ce soit en retour (car ce serait comme demander d'être payé), vous pouvez seulement attendre, espérer, un contre-don.
Sur cette base, on peut montrer par exemple que la kula doit être vue comme une suite d'échanges, tandis que, autre exemple, le potlatch est une suite normalement ininterrompue de dons et de contre-dons.
Ce thème de recherche se prolonge en une réflexion sur la différence entre échange marchand et échange non marchand.
L’ensemble des articles publiés, ainsi que quelques autres, devraient prochainement être réunis en un livre sous le titre Critique du don.
Une réédition des Dons et des dieux, maintenant indisponible, et révisée (en raison de thèses anciennes et dépassées du point de vue de l’auteur) est également envisagée.
Pour le moment, principales publications :
  • Testart, A. 1997 Les trois modes de transfert. Gradhiva 21 : 39-58.
  • Testart, A. 2001 Échange marchand, échange non marchand. Revue Française de Sociologie 42 : 719-748.
 
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Les pratiques funéraires
Don et échange
Typologie des sociétés

Depuis presque un siècle et demi que l'anthropologie moderne est née, nous avons accumulé des connaissances considérables, et des ethnographies merveilleuses nous entretiennent en détail des us et coutumes les plus étranges en provenance des peuples les plus lointains. Mais la théorie est encore au berceau. Pour qualifier les sociétés dont elle a longtemps privilégié l'étude, l'ethnologie ne dispose encore que de labels incertains : sociétés "simples", sociétés "sauvages", sociétés "primitives". Et si tout le monde comprend bien que les Amazoniens, les Aborigènes australiens, les Indiens des Plaines, etc., ont inventé des formes sociales très différentes des nôtres, ou même très différentes de celle de l'Empire Romain, nous ne savons pas encore dire précisément en quoi elles diffèrent.
Toute science, dans la mesure où elle se prétend telle, commence au moins par classifier ses objets. C'est à cette tâche qu'il convient de s'atteler, en sachant qu'elle ne sera pas facile, et sans se couper des autres disciplines sociales qui, chacune, avec ses données propres, ses problématiques , étudient les sociétés d'autres horizons.
Nous nous appuierons, bien sûr, sur les quelques concepts anthropologiques que nous avons redéfinis : formes du don et de l'échange, formes de la propriété de la terre, modes de dépendance tels que l'esclavage, etc. Mais ce projet ne saurait être limité au seul cadre de l'anthropologie et nous mobiliserons largement, quand le besoin s'en fera sentir, telle ou telle notion emprunté au droit, à la sociologie ou à l'histoire.
Principale publication :
  • Testart, A. 2005, Éléments de classification des sociétés. Paris : Errance.

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