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L'évolution des sociétés


J’ai toujours affirmé que la question de l’évolution des sociétés était une question centrale de l’anthropologie sociale. J’ai autrefois publié quelques remarques d’histoire de la discipline et de méthode sur cette question (1992 La question de l'évolutionnisme dans l'anthropologie sociale).

L’année 2012 devrait voir la publication de deux articles qui reprennent de façon très précise et très technique cette question. Le premier (Les modèles biologiques sont-ils utiles… ? Cf. Bibliographie sur ce site) critique certains modèles inspirés de la biologie et met en évidence les différences profondes qui séparent l’évolution en biologie (l’évolution des espèces, pour reprendre le titre de Darwin) et l’évolution des sociétés, c’est-à-dire l’évolution au fil du temps des structures sociales (ce qui a peu à voir avec la question de l’évolution des communautés, des peuples ou des populations, ce qui ressortit à l’écologie ou à la démographie). Le second article (Reconstructing Social and Cultural Evolution: The Case of Dowry…) critique une tentative inspirée de la cladistique (ou d’approches similaires) pour reconstituer les prestations matrimoniales à l’origine de l’ensemble indo-européen. Les données d’ethno-histoire et d’histoire, ainsi que des considérations comparatives sur la répartition actuelle des prestations matrimoniales, montrent de façon indubitable une évolution à partir d’un ancien prix de la fiancée – au contraire de la thèse critiquée qui pose la dot comme la prestation originelle.

L’ensemble de ces réflexions, enfin, a débouché sur un livre Avant l'histoire : l’évolution des sociétés, de Lascaux à Carnac, lequel, pour des raisons de taille, nous avons arrêté au milieu du Néolithique. Il fait le pendant de l’essai Éléments de classification des sociétés, qui traite de l’aspect purement classificatoire et dont j’avais dit qu’il ne pouvait pas être mélangé (à l’encontre de ce que fait l’anthropologie américaine) avec des considérations évolutives. Comme nos informations directes sur le passé sont purement archéologiques, le livre sur l’évolution est à forte composante archéologique (méthode et intégration des données dans des schémas globaux d’évolution). Un second volume devrait ultérieurement envisager l’évolution des sociétés à partir du Néolithique final pour envisager la naissance des villes, celle de l’État, et définir les modalités d’évolution spécifiques aux différents continents.

Principales publications :

 

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