thèmes de recherche

Les pratiques funéraires

Les pratiques funéraires peuvent être étudiées de deux points de vue, du point de vue des rites, et du point de vue des biens matériels enterrés ou brûlés avec le défunt. Ce deuxième point de vue se trouve être particulièrement important parce que ce sont ces biens matériels que les archéologues retrouvent dans les fouilles. Nous savons par ailleurs par l'ethnographie que chez de nombreux peuples, une grande partie des possessions du défunt étaient censées être détruites lors des funérailles. Il apparaît que les motivations de ces étranges pratiques ne sont pas religieuses : il s'agit seulement d'assurer le prestige du défunt et de sa famille. Une autre façon d'assurer ce prestige est, non pas de détruire les biens par inhumation ou crémation, mais de les distribuer au cours de fêtes somptuaires. Ces dépenses visent toujours à assurer la position sociale des héritiers. Et on voit qu'on peut recourir à plusieurs moyens pour le faire, ce que l'on peut appeler des politiques funéraires. On voit aussi que chacune de ces politiques laissera des vestiges archéologiques très différents.

Ce thème de recherche visait à promouvoir une réflexion commune des archéologues et des ethnologues sur les formes et les raisons des pratiques funéraires, aux fins de proposer de nouvelles pistes de recherche en archéologie funéraire. Il s’est déroulé au fil de séminaires spécialisés sur l’archéologie funéraires et au travers de plusieurs Tables Rondes. La première, « Morts anormaux, sépultures bizarres, questions d’interprétation en archéologie funéraire » organisée les 16, 17 et 18 mars 2005 dans le cadre du Laboratoire d’Anthropologie Sociale ayant rencontré un accueil favorable dans le milieu, fut suivie d’une seconde, en avril 2006 au musée archéologique de Sens, principalement sur la la question des « sépultures » dans les silos. A été mis en évidence au cours de cette seconde Table Ronde la présence très vraisemblable de morts d’accompagnement dans les cultures du Chasséen, du Michelsberg, du Münchshöfen et du Munzingen, qui forment un vaste croissant s’étendant de la vallée du Rhône à la Slovaquie entre 4500 et 3500 avant notre ère, a été reconnue. Selon un même modèle culturel, un homme et un seul était dans une position normale, légèrement replié sur lui-même, les genoux fléchis, tandis que tous les autres semblaient répartis au hasard dans la fosse, dans des positions semblant indiquer qu’ils y avaient été précipités sans ménagement (Baray, L. et B. Boulestin, éds., 2010 ; Testart et al. 2010).

Principales publications :

  • Testart, A. 2001 Deux politiques funéraires. Trabalhos de Antropologia e Etnologia 41 (3-4) : 45-66.

  • Testart, A. 2004 La servitude volontaire (2 vols.) :
    I, Les morts d’accompagnement
    II, L’origine de l’Etat
    Paris : Errance, 264 p. et 140 p.

  • Baray, L. et B. Boulestin (éds.) 2010 Morts anormaux, sépultures bizarres : Les dépôts humains en fosses circulaires et en silos du Néolithique à l’âge du Fer, Actes de la IIe table ronde interdisciplinaire "Morts anormaux et sépultures bizarres : questions d’interprétation en archéologie funéraire", Sens, 29 mars- Ier avril 2006. Dijon : Editions Universitaires de Dijon.

  • Testart, A, Jeunesse, Ch., Baray, L. et B. Boulestin 2010 Les esclaves des tombes néolithiques. Pour la Science 396 : 74-80.

 

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